PRÉSENTATION

 

La Revue Argotica vise à être une tribune académique internationale de tous ceux qui s’intéressent à l’étude de l’argot – des universitaires, chercheurs, doctorants ou étudiants en master –, ayant des préoccupations communes liées à ce registre linguistique/stylistique de toute langue, également maudit et admiré, rejeté et accepté, mais, malgré son statut controversé, étudié depuis plus de quatre siècles !

 

 

Quand nous disons cela, nous pensons que le premier ouvrage consacré au « jargon », comme il était appelé à ce moment-là, est apparu en 1596, à Lyon, en France, et est intitulé La vie généreuse des Mercelots, Gueux et Boesmiens. L’auteur, Péchon de Ruby, sous-tend le développement de la littérature argotique, son ouvrage connaissant, jusqu’en 1627, pas moins de cinq réimpressions ! On peut considérer sans doute que le vocabulaire de 150 mots situé à la fin de l’ouvrage constitue le premier dictionnaire de l’argot français, bien que le terme « argot » apparaisse seulement en 1630, au sens de « monde des mendiants », dans le travail d’Ollivier Chéreau, Le Langage de l’argot réformé.


Dans une autre zone géographique riche en argot, celle britannique, le premier ouvrage lexicographique date de 1699. Il s’agit de
A New Dictionary of Terms, Ancient and Modern, of the Canting Crew in its several tribes, of Gypsies, beggers, thieves, cheats, &c., with an addition of some proverbs, phrases, figurative speeches, &c., de B.E. Gentleman (sur la page couverture, l’auteur a signé « B.E. Gent. »).

 

Pour ce qui est de l’argot roumain, la première liste de termes argotiques apparait chez N.T. Orãºanu, dans le magazine Coarnele lui Nichipercea (‘Les Cornes du Diable’), en 1860, qui la reprend en 1861, dans le volume Întemniþãrile mele politice (Mes emprisonnements politiques’). George Baronzi utilise des termes d’argot de cette liste dans son roman Misterele Bucureºtilor (‘Les Mystères de Bucarest’), publié entre 1862-1863, et la reprendra en 1872, dans Opere complecte, Vol. 1, Limba românã ºi tradiþiunile ei, Galaþi, pp. 149-151 (‘Œuvres complètes, Vol. 1, La langue roumaine et ses traditions’). La liste contient 75 de termes d’argot.

 


La revue Argotica accueillera dans ses pages (virtuelles, en premier lieu, mais elle aura également une version imprimée en fonction de l’intérêt que nous espérons éveiller chez les spécialistes) des articles, des études, des comptes rendus, des enquêtes, des notes et des commentaires sur un thème proposé par un membre du comité, qui deviendra aussi, une fois le thème accepté, le responsable scientifique du numéro en question. En outre, l’argot littéraire (poésie, prose, théâtre) peut être l’objet du matériel soumis en vue de la publication dans Argotica, à côté de  compositions graphiques ayant la même source d’inspiration.


En 2012, l’année de son lancement officiel, la Revue Argotica paraîtra dans un numéro unique, mais une apparition biannuelle sera envisagée en fonction de l’écho de ce premier numéro.


Ses rubriques ne sont pas fixes et peuvent varier en fonction des matériaux proposés et acceptés en vue de la publication, car l’objet/sujet cultivé avec prédilection par notre revue, l’argot, est en constante évolution, constituant l’aspect le plus dynamique de la langue !

 

Comme l’on a mentionné dans l’Appel à communications pour le premier numéro, la revue sera préoccupée par l’argot international, de façon générale, mais surtout par celui européen, en particulier l’argot roumain, français, anglo-américain, espagnol (hispanique), italien et allemand. Cela ne signifie pas qu’un autre argot (européen ou non) ne peut pas être le sujet d’un article, mais à deux conditions :

1. qu’il soit rédigé dans l’une des six langues mentionnées dans le même l’Appel ;

2. que notre comité  puisse trouver au moins deux spécialistes capables d’évaluer du point de vue scientifique le matériel proposé.